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Fraternité latérale

Dernier coup de projecteur sur l'US Hindisheim avec un hommage au secteur défensif qui a été l'un des points forts de l'équipe. A l'USH, l'arrière-garde a été confiée à des fratries : au centre, les jumeaux Schmitt, sur les côtés (voir les DNA du 24 mars), les frères Husser, Stéphane et Clément.

« On n'est pas des techniciens ! » Stéphane (1,89 m, bientôt 25 ans) et Clément Husser (1,87 m, 20 ans) annoncent tout de suite la couleur. Les deux - grands- défenseurs latéraux de l'USH ne sont pas, à proprement parler, des artistes du ballon rond.

Avec les chiens de
ses grands parents

 Par contre, aux côtés de Gaël et Julien Schmitt qui règnent sur la défense centrale, les frères Husser s'occupent des ailes avec un engagement total qui vaut régulièrement à l'aîné quelques avertissements. « Je suis nerveux, impulsif », reconnaît-il.
 C'est avec les chiens de ses grands parents que Stéphane a commencé à jouer au foot. Quand Clément naît, cinq ans plus tard, les deux frères ne se quittent plus. La porte de garage peut en témoigner. « On s'engueulait souvent, reconnaissent-ils. On est tous les deux des mauvais perdants. »
 Nos deux compères jouent à l'USH depuis les débutants. Stéphane se souvient d'une saison particulièrement intense chez les 15 ans alors que Clément opte plutôt « pour les 18 ans avec une montée en Promotion. »
 Aujourd'hui, les clés de la défense latérale leur sont confiées et avec deux frères à la barre, cohésion et automatismes sont naturellement présents. « J'ai beaucoup appris en regardant jouer Stéphane, confie Clément. Quand on joue ensemble, je le cherche des yeux. On est coéquipiers d'abord, frères ensuite. »

«C'est une saison
qui donne la pêche»

 « Je le taquine beaucoup, je le pousse, je lui parle de son marquage, sourit l'aîné. Mais je suis très gueulard. On se dit les choses directement. » « Je n'accepte pas tout ce qu'il dit, réplique son p'tit frère. Mais je reconnais qu'il a plus d'expérience que moi. Techniquement, peut-être, je peux lui apprendre des choses !.. »
 Et à l'issue de cette belle saison, ils sont les premiers à se réjouir de tout ce que leur ont apporté ces 22 matches et cette 3e place finale. « C'était excitant sur la fin, estime Stéphane. C'est une saison qui donne la pêche. Les supporters sont ravis et ça fait plaisir de les voir comme ça. » « J'ai déjà hâte qu'on soit la saison prochaine ! », envoie Clément coupé par un sonore « Ah non, le repos, c'est le repos ! On va reprendre fin juillet, c'est trop tôt... »
 Frères de foot, Stéphane et Clément le sont aussi dans leurs multiples facéties. Ces deux là respirent la bonne humeur et font parfois passer Stéphane Ludaescher pour un atrabilaire. A l'arrivée, c'est un vestiaire et tout un groupe qui profite de leur énergie.

«Des petits coups de
poings sur la poitrine»

 Ça commence par un rituel que Stéphane lâche du bout des lèvres : « Avant chaque match, dans le vestiaire, je me mets des petits coups de poing sur la poitrine. Mes chaussures ne sont jamais propres, j'ai un superbe caleçon rose acheté au marché de Vintimille et j'ai un maillot de l'Italie que je ne retrouve plus... »
 Réplique de Clément : « Un jour, j'ai essayé de mettre du camphre sur mes jambes, discrètement, pour courir plus vite (sourire). Je suis un fan absolu de Ronaldo depuis 1998. J'ai hérité du surnom de mon frère : a Husspof (pot d'échappement). »
 Au final, l'unique possibilité de séparer ces deux loustics, c'est la vraie vie. Stéphane est charpentier à Krautergersheim (« Dans le bois », précise-t-il) et sait ce que c'est qu'une journée longue et fatigante à cause d'un métier à la fois terrestre et aérien et non dénué de danger.
 Clément suit un BTS en alternance dans le domaine des énergies renouvelables. Ses semaines se partagent entre son 9 m² de Cernay et l'entreprise de Rossfeld. Le week-end, c'est au 10, rue des Orchidées qu'ils se retrouvent entre frangins.
 Leur papa était footballeur, leur maman s'y est mise une saison et André, le coach de l'équipe I de l'USH, est leur oncle. On comprend mieux qu'ils aient le club chevillé au corps

Le symbole des "89"

Vainqueur à Uttenheim (3-2), l'US Hindisheim termine la saison à la 3e place du groupe F de D1. Pour son avant-dernier rendez-vous, la Chronique s'est intéressée à l'attaquant Ludovic Mutschler, un autre membre de la jeunesse montante du club.
 Sachant que son papa (Jean-Marc) et sa maman (Anne-Marie) ont été footballeurs, Ludovic Mutschler (20 ans, né le 21 janvier, en pleine trêve hivernale) avait un destin tout tracé : il devait le conduire au ballon rond et n'y a pas échappé.
 A l'USH, il représente la génération des « 89 » restée fidèle au club depuis les poussins. « C'est familial, tout le monde se connaît. J'y reste, bien sûr ! »

25 m dans la lucarne

 Ludovic est attaquant chez les seniors et se souvient très bien de son premier match en équipe I. « C'était contre le Stockfeld. J'étais ailier droit et je me suis pris un de ces tampons contre un joueur adverse qui devait faire plus de 100 kilos ! »
 Aujourd'hui, il esquive mieux les obstacles. Evoluant tantôt n°9 ou n°10, il anime le secteur offensif et a marqué neuf buts cette saison avec beaucoup de réussite contre Valff et Plobsheim. « Ces équipes m'ont bien réussi. J'en ai marqué cinq au total contre elles. »
 Sa plus belle réalisation ? « Pendant la saison 2008/09, à l'Olympique Strasbourg, un tir de 25 m dans la lucarne. La balle était restée coincée dans le but ! Ensuite, le coach m'a chambré car depuis ce but, j'avais eu un peu de mal à marquer de nouveau... »
 Le but de ses rêves ? « Un ciseau retourné ! ». Le plus étrange ? « Contre Eschau, récemment, je la mets du genou et elle est à deux doigts de passer au-dessus... »

Coéquipiers enfermés

 Au total, Hindisheim a mis 50 ballons au fond des filets adverses et en a encaissé deux fois moins. « On a réussi une bonne petite saison. Ça s'est joué à pas grand-chose. C'était passionnant. » Lucie, sa petite soeur, l'une des pom-pom girls de l'USH, a apprécié.
 Doté d'une grosse frappe, Ludovic Mutschler a porté des chaussures orange fluo et apporte à chaque entraînement son propre ballon. « Il vole trop, me disent certains coéquipiers », rigole-t-il.
 Dans les vestiaires, c'est un garçon discret qui essaye d'avoir un sac de sport plus ou moins bien rangé. Et si par malheur, un élément manque à l'appel, super-papa, prévenu par téléphone, arrive à point nommé avec la paire de chaussettes ou le protège-tibias manquant...
 Parmi les anecdotes marquantes, « Mumu » se souvient de ses deux coéquipiers (dont Clément Husser) restés enfermés dans les vestiaires. « C'est par la fenêtre à barreaux qu'ils sont sortis et Clément a eu du mal à passer... »

Assidu au poker

 Dans la «vraie vie», après avoir passé son Bac S à Erstein, il a mis le cap sur Illkirch où il est en 1re année de DUT d'informatique. Fou de foot, il a recouvert les murs de sa chambre de posters avec Giuly, Benzema, Lyon et Manchester United en vedette. « S'il existait une épreuve de football au bac, il l'aurait eue avec mention », sourit sa maman.
 Ludovic Mutschler aime tous les sports. Il a regardé Roland-Garros vautré sur son canapé. Il est de plus en plus assidu au poker et, comme beaucoup d'autres, reste perplexe devant les images de curling.

Le mécano de l'attaque

Battue le 24 mai à Eschau, l'US Hindisheim n'est plus dans la course à la montée en Promotion. Ce dimanche à Uttenheim, le dernier match de la saison sera sans enjeu. Jonathan Sprauel essaiera tout de même d'augmenter son capital de buts.
C'est au 217, Impasse du Moulin à Hindisheim, que l'on trouve la maison de la famille Sprauel. Juste en face habitent les Foessel. Et à moins de 100 m, les Hamm ont élu domicile. Voisins au quotidien, tous ces gens se côtoient aussi au foot.
Enfant du village, Jonathan Sprauel aura 19 ans le 23 juin. Il aurait tant aimé fêter son anniversaire avec une accession en Promotion. Hélas... « On peut regretter ces matches nuls et ces points lâchés à gauche et à droite, soupire-t-il. Mais ça reste une excellente saison. On est restés longtemps dans le trio de tête. »

Barre et lucarne

Avec ses « cinq, six buts, je ne sais plus », notre homme a contribué à la réussite de son équipe. Représentant la classe 1990/91 (comme Florido, les jumeaux Schmitt ou Hamm), il n'a connu que l'USH depuis ses premiers dribbles. Son père a aussi été joueur au club.
Dans les catégories de jeunes, il a de bons souvenirs avec d'excellents résultats et des entraîneurs marquants comme Fernand Koch « qui nous avait dit que si on était champions de groupe, il nous emmènerait au McDo ».
Cette saison, « John » s'est stabilisé en équipe I après avoir évolué tantôt en équipe II, tantôt avec les 18 ans. C'est en attaque qu'on le retrouve, un rôle qu'il remplit « depuis tout petit ».
Droitier, pas maladroit du gauche, il sait marquer des buts de toutes les manières. Le plus beau ? « C'est ceux qu'on réussit aux entraînements ! Comme cette reprise qui tape la barre et va dans la lucarne. » Le plus beau raté ? « Euh, j'me souviens pas... »

Billet de 20 euros

Et il y a cette anecdote, vieille de quelques saisons déjà. « C'était chez les jeunes. On jouait à Ernolsheim qui menait 2-0 à la mi-temps. Mon père était au match et m'a dit que si je marquais, il me donnerait 20 euros. J'ai mis le 2-2 en lobant le gardien et mon père est monté directement sur le terrain pour me donner les 20 euros !.. »
Aujourd'hui, Jonathan a un peu moins besoin de telles subventions. Il travaille comme mécanicien à Krafft dans un garage qui s'appelle... « John Auto ». Il s'y rend en scooter n'ayant pas encore le permis de conduire. Mais c'est pour bientôt.
Notre ami sait ce que c'est qu'une longue journée de travail et la fatigue qui en découle. « Un bon entraînement, ça nettoie tout », affirme ce fan de Thierry Henry (« époque Arsenal », précise-t-il).

« Je fais l'arbitre,
c'est marrant ! »

Dans les vestiaires, il a, une fois seulement, osé s'asseoir sur la chaise de Stéphane Ludaescher. Depuis, il se met « là où il y a de la place ! ».
Pas de rituel, pas de superstition : Jonathan Sprauel est un garçon placide. L'important pour lui, c'est d'être avec ses potes et de prendre du plaisir en jouant.
Fidèle à son club, il donne des coups de main les samedis après-midi « quand les débutants ont des matches. Je fais l'arbitre, c'est marrant ! » et envisage d'encadrer une équipe de jeunes avec Mickael Florido.

 

Guillou Timide Précieux

Tenue en échec par Nordhouse (2-2) après un penalty concédé dans les dernières secondes, l'US Hindisheim a laissé filer le FC Kronenbourg dans le groupe F de la Division 1. Son attaquant, Gilles Hugel, surnommé Gilou, est déçu.
 C'est l'incarnation du rêve de tout entraîneur. Gilles Hugel, 21 ans d'âge, ne se plaint jamais, ne discute jamais, ne se rebelle jamais et ne parle pas beaucoup. « C'est une crème, un très très gentil garçon. Il est très timide, toujours poli, dit de lui André Foessel avant d'éclater de rire. Parfois, je le cherche dans le vestiaire pour vérifier s'il est là. Mais il y est. »
 L'entraîneur de l'USH va même plus loin avec un aveu aussi désarmant que souriant. « J'aimerais le voir plus saignant, qu'il m'engueule presque quand il n'est pas content de mes choix, quoi ! »
 En bref, Gilles Hugel est attaquant, a marqué « un but incroyable à Valff la saison passée » selon son coach, un but dont (paraît-il) tout le village se souvient.

Même s'il habite rue circulaire, il ne tourne pas en rond

 Et l'attaquant d'Hindisheim s'en souvient aussi. « C'est le derby et c'est toujours chaud. Il ne restait que quelques secondes à jouer et c'était 0-0. Et j'avais marqué. Là, pour la seule fois de ma carrière, je suis devenu fou. Je gueulais comme pas possible. En plus, tous mes copains étaient venus voir le match », explique tout sourire notre "client".
 Il a beau habiter rue circulaire (à Limersheim), Gilles Hugel ne tourne pas en rond sur une pelouse. Là, il court tout droit vers le but adverse. « Mais mes adversaires me rattrapent souvent », s'empresse-t-il aussitôt de rigoler. « C'est fou ça. Je marquais plus de buts quand j'étais milieu défensif. »
 Faut dire que le jeune homme a un drôle de parcours même s'il n'a joué que pour Hindisheim. Il débute le foot tout gamin, mais « je détestais ça. Donc, j'ai très vite arrêté. »
 On a connu entrée en carrière plus prometteuse. C'est avec une toute petite balle qu'il va prendre du plaisir. « Vincent, mon père, pratiquait le tennis de table. Je l'ai suivi. »
 A l'école, il aura pour camarade de classe Ludovic Mutschler, aujourd'hui son coéquipier. « Pendant les récréations, on jouait au foot. Il m'a fait revenir au club. Comme j'avais pas mal de problèmes aux genoux, Béatrice, ma maman, ne voulait pas trop. Elle a fini par céder. »
 Et lui apprendra à prendre du plaisir sur une pelouse au milieu de ses coéquipiers avec une philosophie toute simple qui le suit ou le précède. « On est au service de l'équipe et pas l'inverse. »
 D'ailleurs, il a intégré le comité du club au début de la saison. « Je m'occupe du matériel : les plots, les chasubles, la traceuse, etc. »
 Passionné de tennis « quand il fait beau » et d'informatique - il est étudiant en BTS électrotechnique au Lycée Couffignal de Strasbourg -, il s'occupe des trois ordinateurs familiaux. « Dès qu'il y a un problème, mes deux frères m'appellent. »
 Dimanche soir, il était déçu après le 2-2 concédé face à Nordhouse. « Pour la montée, c'est presque cuit. On n'avait pas trop le moral », souffle-t-il. Son compteur personnel est pour l'instant bloqué à 4 réalisations, là où il en escomptait 10. Mais lui, finalement, il s'en moque.
 Seule l'équipe compte. «J'aime rester tranquille, ne pas faire de bruit. Quand on me faisait jouer milieu défensif, je n'étais pas très content. Mais je le gardais pour moi ou j'en disais juste un mot à mes copains. De toute façon, je montais quand même.»
 Et pour se distraire, il a un truc infaillible. «Je m'installe en face de Kiki (Stéphane Ludaescher) et je l'écoute parler. Tu rigoles forcément.»

 

Le plus drôle de tous les Kikis

Week-end de repos pour l'US Hindisheim. Sauf pour Stéphane Ludaescher (30 ans), milieu offensif, qui a accompagné l'équipe II (dont il est le dirigeant) à Niedernai.
 Dans le monde des jouets, le Kiki est une peluche de taille variable représentant un singe avec une tête ronde et dure, une tétine à la main et qui a connu un succès international dans les années 1980.
 «Kiki», c'est aussi le surnom de Stéphane Ludaescher, trentenaire depuis trois semaines et qui est l'agent d'ambiance officiel du club.
 Depuis que la Chronique s'intéresse à l'USH, tous les joueurs rencontrés ont fait les louanges de ce garçon attachant, doté d'une bonne bouille et qui n'a pas son pareil pour détendre l'atmosphère avant, pendant et après les matches et entraînements.

Pipeau et tongues

 «J'ai du mal à rester sans rigoler, raconte-t-il. Je n'aime pas un vestiaire où on entend les mouches voler. J'ai toujours été moqueur même si parfois, je me demande d'où je sors toutes ces conneries!»
 Impossible de faire la liste de ses meilleurs morceaux car Ludaescher, c'est un sans-faute à chaque sortie. Allez, quelques exemples: il a appris à ses coéquipiers à jouer du pipeau sous les douches («André - le coach- a beaucoup progressé!»), il envisage d'acheter de nouvelles tongues à Stéphane Husser ou pense avoir déjà eu «des chaussettes en état de décomposition avancée» dans son sac de sport.
 Fêtard, clown, pitre, blagueur, bouffon, zigoto: Stéphane est quelqu'un d'indispensable dont on remarque très vite l'absence. «Et pourtant, il y a des choses qui ne me font pas rire du tout, lance-t-il. Dès que ça concerne les enfants.»

Un gars du Bruhly

 Natif d'Erstein, Ludaescher est un gars du Bruhly, le quartier Nord de la cité des Sucriers. C'est au pied des immeubles, avec ses copains, qu'il tape dans les ballons. «Mon père était menuisier. Il nous fabriquait des buts en bois.»
 Son parcours le mène d'abord au club local avant un premier atterrissage à Hindisheim. Suivront Nordhouse, re-Erstein, Kehl/Sundheim, Gerstheim, re-re-Erstein et re-Hindisheim.
 Souvenirs marquants: avoir joué en DH, à Erstein, sous les ordres de Gilbert Conrath, la rencontre avec Jean-Jacques Marx («Quel phénomène!») son coach à Sundheim.
 Depuis cinq ans, il s'est stabilisé à l'USH et s'y sent bien. «Quelle ambiance! Je n'avais jamais connu ça auparavant dans les autres clubs. Ici, les gens ont un coeur énorme. Les repas du jeudi soir, les joueurs qui nettoient le vestiaire, tous ces bénévoles qui nous gâtent! Même payer une licence, je ne connaissais pas!»

Poupée gonflable

 Droitier et gaucher, «Kiki» a raté beaucoup de matches aller à cause d'une rotule en délicatesse. Il a marqué un but: l'égalisation à Kronenbourg le 8 mars.
 Son jeu de tête? «Catastrophique...», sourit-il en se souvenant avoir eu un traumatisme crânien en match alors qu'il avait 14 ans.
 Dans la vraie vie, notre ami travaille chez un antiquaire et trimbale meubles et bibelots. Greniers et caves n'ont plus de secrets pour lui. Sa plus belle découverte: «Une poupée gonflable trafiquée». On n'en saura pas davantage.
 Grand voyageur, il a déjà visité New York, le Québec, Dubai, le Maroc et sera bientôt en Egypte. «J'adore rencontrer des gens».
 Ah, au fait, pourquoi Kiki? «André a trouvé ce surnom. Il parait que je ne n'arrête pas de me gratter l'entrejambes, rigole-t-il. Et puis, il y avait déjà un autre Stéphane dans l'équipe...»

Pierrot le Grand

A trois journées de la fin, l'US Hindisheim (+26) est toujours leader du groupe F de D1 à égalité de points avec Kronenbourg (+48). Le suspense est total.
 Il faut toujours des anciens dans une équipe. Des garçons qui, passé les trente ans, deviennent des sages et des garde-fous. Pierre Gaessler (37 ans depuis le 14 avril) en est un exemple significatif.
 Né à Strasbourg, il a grandi à Eschau et totalise plus de vingt saisons sous les couleurs du club local (avec André Diez comme rencontre marquante) auxquelles on ajoute deux escapades à Hipsheim et Niedernai.

Les consignes de Karl

 Petit-fils et fils de footballeur, il s'est lié au ballon rond « naturellement, sans qu'on me force. » Aujourd'hui, Karl, son premier garçon (le second est annoncé pour l'automne) insiste pour le voir jouer avec une consigne stricte : « Pas de coup de pied papa ! », souvenir d'un carton rouge récolté à Lipsheim.
 A Hindisheim, Pierre Gaessler a d'abord été... entraîneur de l'équipe I il y a deux saisons avant de bifurquer à Erstein chez les vétérans pour, finalement, revenir à l'USH. « C'est un club sain où on passe du bon temps, affirme-t-il. Ce club, quand on le quitte, on sait qu'on y reviendra. Quand j'y suis revenu, j'ai été le bienvenu. »
 Avec le gardien Casanova, « Pierrot » est l'un des doyens de l'équipe. Dans le vestiaire, ils sont assis côte à côte et observent les pitreries de leurs jeunes coéquipiers. « L'homme du vestiaire, c'est Stéphane Ludaescher. C'est quelqu'un de nécessaire à une équipe. Il est toujours de bonne humeur. Quand il n'est pas là, ça se remarque immédiatement. »

«Pas le sens du but»

 Notre Gaessler est plutôt du genre discret. Sur le terrain aussi où il évolue comme milieu défensif et libero s'il faut dépanner. Du haut de son mètre 86, il récupère, distribue les ballons et fait des passes décisives.
 Buteur ? « Euh, non... Je n'ai pas le sens du but », sourit-il. Pourtant, le 14 septembre dernier, il inscrit le 2-0 contre Kronenbourg. Un but capital car il pourrait donner un avantage au goal-average particulier à l'USH si le FCK devait terminer à égalité de points avec elle.
 Comme ses coéquipiers, Pierre Gaessler rêve de Promotion tout en restant lucide. « Ça fait deux fois de suite, contre Lipsheim et à Hipsheim, qu'on gagne d'un but en ayant été mauvais. On a de la chance et c'est plutôt bon signe. Avec une demi-douzaine de 18 ans dans l'équipe, en théorie, on ne devrait pas être leaders. Et pourtant ! Ces points, on ne les a pas volés. C'est que, quelque part, on les mérite. »

Poissons carnassiers

 Fan de Gourcuff et Iniesta (« Ils communiquent quelque chose et donnent envie de jouer au foot »), il admire la saga d'Arsenal et les prouesses de Barcelone.
 Dans la vraie vie, Pierre Gaessler travaille à l'Électricité de Strasbourg où il s'occupe des « anomalies de comptage ». Pêcheur à la ligne, il a une prédilection pour les carnassiers : brochets, perches, sandres...
 Opéré quatre fois du genou gauche, stoppé par une rupture du tendon d'Achille, il a souffert d'une sciatique suite au chantier d'aménagement d'une grange où sa petite famille s'est installée récemment.
 Aujourd'hui, ce grand gaillard tient toujours debout. Et l'US Hindisheim ne peut que s'en féliciter.

Il garnit les buts et vide les greniers

Week-end intense pour l'US Hindisheim qui, samedi, a battu Lipsheim (2-1) et, le lendemain, a organisé le vide-grenier du village. A cause d'un genou en vrac, l'attaquant Sébastien Muller, trésorier du club, entraîneur de l'équipe II et joueur de la I, a été plus performant le dimanche.
 A quatre journées du terme, l'USH est toujours leader du groupe F de D1 avec Kronenbourg (auteur d'un énorme 19-0 contre Plobsheim) à ses trousses.
 Ce final palpitant, Sébastien Muller (27 ans depuis le 6 janvier) va le vivre de l'extérieur. Car le 1er mars, au sortir de la trêve hivernale, à la 15e minute du match contre Duppigheim, son genou droit a jeté l'éponge. Diagnostic : rupture des ligaments croisés.

1er mars: «J'ai senti
le genou tourner»

 « C'est l'un des rares matches où j'étais titulaire. C'était un duel avec le gardien. J'ai senti le genou tourner. J'ai tout de suite su ce qui s'était passé. Il y a trois ans, c'est le gauche qui avait lâché ! » Le 8 juin, il passera sur le billard.
 Si tout va bien, on le retrouvera en février 2010. « C'est un joueur polyvalent, indique André Foessel, le coach. Il me manque beaucoup. C'est un garçon d'appoint qu'on peut faire jouer presque partout. »
 C'est en attaque que « Stinker » s'exprime le mieux. Christian, son papa, footballeur à Bolsenheim et Matzenheim, lui a tracé la voie. La saison dernière, son fiston a été l'un des meilleurs buteurs de l'USH avec Hugel, Diebolt et Mutschler.

Entraîneur, trésorier
et vice-président

 Sébastien Muller est étroitement lié à Hindisheim. Il a pourtant fait une infidélité de deux saisons où il a été gardien de but en handball à Erstein (« C'est là que j'ai décroché mon unique titre de champion d'Alsace à ce jour ») avant de revenir à ses premières amours.
 Aujourd'hui, c'est peu dire qu'il s'investit dans ce club. En plus d'être joueur en équipe I, il est entraîneur de l'équipe II, actuellement 5e du groupe G de D1. A 18 ans, il est entré au comité directeur de l'USH dont il est devenu le trésorier et vice-président.
 Naturellement, il est ravi des excellents résultats de l'équipe fanion auquels il a contribué pendant les matches aller avant sa blessure. « Je les sens capables d'aller jusqu'au bout. L'échéance s'approche, la pression va augmenter. La Promotion... je sais que je n'ai pas le niveau pour y jouer mais je resterai aux côtés de mes copains pour les encourager et les taquiner ! »
 Admirateur du football anglais, « Séb » n'est jamais le dernier à faire le zouave dans les vestiaires même s'il reconnaît que « les deux Stéphane » (Ludaescher et Husser) sont les maîtres en la matière et « qu'ils sont indispensables à l'équipe. »

Au nom du père

 Dans la vraie vie, notre homme est comptable à Mundolsheim, au siège social de la société Herbalife. Même s'il ne l'a pratiqué que pendant deux ans, il est resté un mordu de handball alors que Gaëlle, sa compagne, tente de le convaincre d'essayer le basket-ball et la danse.
 Paradoxalement, alors que Hindisheim se remet d'un vide-grenier intense, il n'a pas trouvé son bonheur (« Je cherche un bureau ! ») dimanche dans ce grand déballage.
 Mais en terme de bonheur et d'émotion, il rêve de tout autre chose : « Que mon père, un jour, puisse à nouveau venir me voir jouer au football ». L'émotion qui le submerge au moment où il lâche ces mots en dit long.

Un milieu (très) offensif

Malgré les efforts de Michael Florido, milieu de terrain, l'US Hindisheim a été battue dimanche à Innenheim. Elle reste toutefois leader du groupe F de D1.
 André Foessel, l'entraîneur de l'USH, dit de lui : « C'est un jeune qui découvre l'équipe I et qui s'y fait sa place. De caractère calme, il joue milieu droit et n'a qu'un défaut : ses contrôles de balle ! »
 Michael Florido (19 ans depuis le 18 février) fait partie de cette jeunesse montante qui a fait toutes ses classes à l'USH. Né à Strasbourg, il est un Hindisheimois pur et dur. D'abord rue des Fleurs puis rue de la Toussaint. Allerheiliegassel comme on dit dans le village.

Sept buts

 Son père a été footballeur et le fils va suivre sa voie. Lui l'a d'abord emprunté avec ses copains d'enfance qu'il retrouve ensuite au club. Des débutants aux moins de 18 ans, il reste fidèle aux couleurs de l'USH.
 Parmi les souvenirs marquants, la finale des benjamins en futsal à Schiltigheim avec le CS Neuhof et le Racing parmi les adversaires. Et comme figure marquante, Pierre-Paul Foessel (le frère d'André) qui a été l'un de ses entraîneurs chez les jeunes.
 Aujourd'hui, « Mike » est devenu un solide milieu de terrain, très tourné vers l'offensif. « Je n'ai jamais été défenseur, sourit-il. Ce poste de milieu me convient bien. J'aime aller de l'avant, construire les attaques. »
 Devant le but adverse, il n'est pas maladroit. Il a inscrit sept buts pour l'instant cette saison. Le plus beau ? « A Lipsheim. Je marque le 1-0 avec une frappe de l'intérieur du pied droit en pleine lucarne. Après, j'étais fou, j'ai couru partout ! »
 Le moins joli ? « Euh... A Plobsheim. J'ouvre le score en ratant mon centre vers Virgil (Kuhn) mais le gardien a été lobé. Contre Valff, je tire mais c'est tout mou. En fait, le gardien se troue et il y a eu but. »

Petit tour à pied

 Ces buts compteront assurément dans le bilan final. Car l'USH est toujours leader avec une meute de rivaux à sa chasse : Kronenbourg, Montagne-Verte, Lipsheim, Eschau...
 « Il y a de l'enjeu à chaque match, se réjouit Michael. On va essayer de tout gagner. L'avantage, c'est que dans l'équipe, on se connaît très bien. Tout le monde s'encourage. Les anciens nous cadrent bien. L'équipe est équilibrée. »
 Dans les vestiaires, « Mike » se reconnaît au contenu de son sac de sport. Rien n'y manque mais il y a déjà retrouvé des objets qu'il croyait avoir perdus. « Une gourmette, le programme des matches », se souvient-il.
 Ravi d'avoir récupéré quelques maillots « collector«  du club pour les entraînements, il avoue un rituel d'avant-match : « Après le déjeuner, je fais chaque fois un petit tour à pied dans le village. Pour m'aérer et pour que l'attente soit moins longue. »

Housse de couette

 Car notre ami, lycéen en Terminale STG à Erstein, n'aime pas l'immobilisme. « Faut que ça bouge ! », annonce-t-il. Alors, le curling et le tir à l'arc, très peu pour lui. Par contre, en plus du foot, il apprécie le tennis, le handball et le basket.
 Les jeudis soir, il est souvent l'un des derniers à quitter le club-house. De retour chez lui, il rejoint sa chambre décorée aux couleurs de l'Olympique de Marseille, son club préféré. Même la housse de couette est en bleu et blanc.
 D'ici quelques semaines, les épreuves du Bac vont commencer. Son but : un BTS de Management. S'il décroche son diplôme, sûr qu'il va fêter ça avec ses potes l'été prochain. En Camargue ou à Lloret de Mar ?

James, la gâchette

Encore un dimanche prolixe pour l'US Hindisheim qui a soigné son goal-average en battant Valff (6-1). Cette 8e victoire remet l'équipe à la 2e place. Jérémy Diebolt, auteur de quatre passes décisives, savoure.
Au sein de l'USH, deux joueurs disposent d'une « patte gauche » : Stéphane Husser et Jérémy Diebolt. La Chronique s'est d'abord intéressée au second nommé qui fêtera ses 28 ans le 10 août prochain.
Né à Strasbourg, il a grandi à Limersheim. La pelouse et la porte de garage de sa maison sont les témoins de ses premiers pas avec un ballon rond. Aujourd'hui, il est plus précis, en étant, par exemple, le tireur de coup-franc et de penalty.

Lob de 40 mètres

Des débuts à Hindisheim, une détection et le voilà au Racing où il passe cinq saisons. « J'ai joué en 17 ans nationaux, se souvient-il. Jean-Marc Kuentz était mon premier entraîneur. En me la jouant "perso", j'aurai pu m'accrocher mais question ambiance, c'était bof... »
Il tente alors sa chance à Fegersheim, Geispolsheim puis à la FAIG avant de retourner à Hindisheim avec Virgil Kuhn, son meilleur ami. « C'était un retour aux sources avec une grosse envie de retrouver une autre ambiance. »
Depuis six saisons, il anime le milieu de terrain avec un net penchant pour l'offensif. « S'il faut dépanner, je peux reculer mais pas tous les dimanches, plaisante-t-il. Je préfère le rôle d'organisateur du jeu. C'est Virgil qui va me chercher les ballons (sourire), me les passe et je prends le relais. »
A ce jour, son plus beau but, il s'en souvient très bien. « C'était un match amical d'avant-saison il y a quelques années. J'avais vu que le gardien adverse se promenait à l'entrée de la surface. J'ai tiré des 40 m et je l'ai lobé. »

Tee-shirt noir et troué

Chargé de l'animation offensive, « James » se réjouit d'une toute nouvelle statistique : « Grâce à ce 6-3 contre Valff, nous avons la meilleure attaque du groupe en plus de la meilleure défense. On vit vraiment une belle saison. Chaque dimanche, après notre match, on se dépêche de savoir ce qu'ont fait les autres. Se battre pour les premiers rôles, c'est excellent ! L'accession ? On n'en parle pas mais tout le monde y pense... »
Dans les vestiaires, avant les entraînements et les rencontres, Jérémy ne se reconnaît pas de manies ou de rituels. Quoique... « C'est vrai que j'ai très souvent un tee-shirt noir et troué. Et quand j'entre sur le terrain pour un match, je pose toujours le pied gauche en premier. »
Encouragé par les deux femmes de sa vie (Audrey et Elina, née il y a sept mois), notre homme a pour modèles Chris Waddle et Steven Gerrard. « Quand j'étais gamin, ma chambre était tapissée de posters de Onze Mondial ! » se rappelle-t-il.
Si le rugby est un sport qui le laisse perplexe, il est un amateur de toutes les autres disciplines avec une prédilection pour les sports collectifs et « les étapes de montagne du Tour de France ».

Maison rénovée

Dans la vraie vie, il travaille à Fegersheim, dans l'usine de production du grand laboratoire pharmaceutique Lilly. Sécurité oblige, il disparaît alors sous une combinaison intégrale, bottes, lunettes, gants et coiffe de protection. Les contraintes sont réelles à cause d'un travail en équipe en 5x8. D'où une fatigue et des entraînements ratés.
Et quand des jours de libre apparaissent, le côté bricoleur de « James » prend le relais. Aujourd'hui, le résultat est épatant avec cette maison alsacienne rénovée de la cave au grenier et qui a donné un cachet supplémentaire à la Ringstross de Limersheim.

Un but pour 28 bougies

Dimanche serein pour l'US Hindisheim qui s'est imposée 5-0 à Plobsheim. Parmi les buteurs du jour, Virgil Kuhn, milieu de terrain, qui a fêté ses 28 ans l'avant-veille de la rencontre.

 Au premier siècle avant Jésus-Christ, Publius Vergilius Maro, plus connu sous le nom de Virgile, était un poète latin. Parmi ses oeuvres : les Georgiques, une épopée philosophique qui met l'homme face à la nature.
 Le 27 mars 1981 (après Jésus-Christ) naît Virgil Kuhn à Strasbourg. Il n'est ni poète, ni philosophe, parfois face à la nature mais surtout footballeur à Hindisheim depuis six saisons.

« Un métronome »

 C'est à Ostwald, rue des Frères, qu'il grandit. Jouer au ballon dans l'appartement étant inconfortable, c'est sur le terrain de jeux mitoyen qu'il rejoint ses copains. Naturellement, il signe sa première licence au FC Ostwald.
 Puis il met le cap sur la FAIG pour quatre saisons et quelques apparitions en équipe I. Il y garde le souvenir de Mustapha Mouslim, son entraîneur, aux côtés duquel il fera des progrès notables.
 Son arrivée à Hindisheim ne s'explique pas par un choix de carrière ou l'envie d'aller tâter le foot du sud de la CUS. C'est beaucoup plus simple : « Audrey (sa compagne) est du village et sa mère est au comité du club. »
 « Virgil est un joueur d'une remarquable régularité », relève Serge Vallée, le président de l'USH. Le poste de milieu défensif lui va comme un gant. « C'est mon métronome, ajoute le coach André Foessel. Il est réglé comme du papier à musique. »

Snowboard et tennis

 « J'aime bien courir, raconte ce garçon endurant et technique, papa d'une petite Clara depuis le 24 août dernier. Aller au duel, chercher les ballons, faire la première relance. Dribbler cinq adversaires, c'est pas vraiment mon truc... » Son but à Plobsheim est le 5e en championnat, le 3e de la tête. « Un beau but, c'est l'importance qu'il a, pas sa beauté », affirme ce droitier.
 L'esthétisme, Virgil (parfois surnommé Djibril) le déploie quand il fait du snowboard, sa grande passion. Voire au tennis qu'il a pratiqué pendant deux ans à Ostwald.
 Au rayon des souvenirs douloureux, il cite ses trois blessures qui ont entraîné de longues périodes d'arrêt : fracture de la main droite, « dès la première année à Hindisheim », ligaments croisés et ménisque en vrac.
 Tout ceci relève désormais du passé et ce dimanche, Virgil a couru comme un lapin de garenne, ratissant des ballons, construisant des assauts et marquant le 3e des cinq buts de son équipe.

Chef des dés

 Dans le vestiaire, notre ami a sa place attitrée : à droite, dans le coin, sur le banc. Il reconnaît être un peu « farceur et chambreur ». mais c'est dans un autre rôle qu'il s'épanouit : responsable des dés pour désigner ceux qui lavent la vaisselle après le dîner du jeudi.
 « Quand ils me voient arriver, ils paniquent tous, raconte-t-il en souriant. La règle est simple : les deux qui font le plus petit score font la vaisselle puis sont exemptés pendant deux semaines. Je note tout ! » Ce jeudi soir, c'est un rôti savoyard qui est au menu. Ceux qui laveront les assiettes et les couverts auront du boulot.
 Fan du Real Madrid, du Milan AC et du Brésilien Kaka, Virgil Kuhn a suivi une formation qui aurait dû l'amener vers l'ébénisterie. Mais c'est du carton qu'il manipule. Et pas n'importe quel genre.
 « Je travaille à Molsheim, dans une entreprise qui fournit du matériel pour les viticulteurs. Mon travail, c'est d'imprimer les cartons de bouteilles avec le nom du récoltant et des cépages. Je vois passer de beaux noms et de grands crus... »

Lui, c'est moi

Dans le football amateur bas-rhinois, on connaît, par exemple, les jumeaux Roeser (Jérôme et Julien) à l'ASI Avenir ou les jumelles Saccenti (Emilie et Julie) au CS Mars Bischheim. C'est à l'US Hindisheim que la Chronique a débusqué deux autres sosies : Julien et Gaël Schmitt, respectivement libero et stoppeur.

Il n'y a pas de doute possible : ces deux-là se ressemblent comme deux gouttes d'eau. Le 20 juin 1990, à Strasbourg, naissaient Julien (avec 23 minutes d'avance) et Gaël Schmitt.

« Lorsque l'un épluche
des oignons, c'est
l'autre qui pleure »

 Aux yeux de la science, ils sont considérés comme des faux jumeaux « car on est issus de deux poches différentes ». Pourtant, la symétrie est parfaite. Gabrielle et Camille, leurs copines respectives, savent faire la différence. D'autres un peu moins.
 « Ils sont tellement jumeaux que lorsque l'un épluche des oignons, c'est l'autre qui pleure, sourit André Foessel, l'entraîneur de l'US Hindisheim. Je les différencie à la couleur de leurs chaussures. Mais une fois dans le match... »
 « Il y a souvent de la confusion en ce qui nous concerne, raconte Gaël. Nos coéquipiers Ludovic, Mickaël ou Jonathan, qui sont de notre génération, savent nous reconnaître. Mais Stéphane (Ludaescher) toujours pas ! Parfois, le coach nous confond. Même notre papa, dans le feu de l'action, peut se tromper !.. »
 Depuis quelques temps, la situation s'est améliorée : Julien porte des lunettes et Gaël (un chouilla plus petit) arbore une cicatrice à l'arcade sourcilière droite. Merci les gars !
 Sur le terrain, quand ils sont en action, c'est en défense centrale qu'il faut les chercher : Gaël est stoppeur, Julien est libero. « On se sent bien à ces postes, ça nous correspond. » Et Gaël précise, le sourire en coin : « Faire le jeu, c'est plutôt bof pour moi. Par contre, empêcher le jeu... »
 Leurs premières rencontres avec un ballon se font chez leurs grands-parents à Blaesheim (« C'était rue des Prés, il y avait une cour, une rue bien large et des champs ») et derrière leur maison, impasse du Weiher (« On a souvent perdu des ballons... Le record, c'est trois en une après-midi »).
 Le tennis, le ping-pong et la course à pied sont d'autres sports où nos jumeaux se débrouillent plutôt bien. « Dans les cross scolaires, on était souvent très bien classés. Ce sont de très bons souvenirs. »
 Au sein des seniors de l'USH, Julien et Gaël incarnent cette « classe biberon » qui se fait progressivement sa place dans l'effectif. Et qui savoure les bons résultats que leur équipe engrange en championnat.
 « C'est une saison passionnante, sourit Julien. Chaque week-end, il se passe quelque chose. » « On a une petite pression supplémentaire à chaque match », note Gaël.

On les surnomme
... «les jumelles»

 Au club depuis l'âge de 7 ans, les jumeaux ne se sont jamais quittés. « Serait-on capables de passer une semaine l'un sans l'autre, se demandent-ils en rigolant. On ne l'a pas encore tenté ! »
 Pendant un match, ils communiquent par un simple regard ou un clin d'oeil. Seul rituel: une tape d'encouragement avant le coup d'envoi. « Je bois toujours une gorgée d'eau et je me mouche une dernière fois », précise Gaël.
 Leur sac de sport, il le préparent ensemble. « Quand on était plus petits, on énumérait à voix haute ce qu'on mettait dans le sac. Pour ne rien oublier », se souvient Julien.
 Dans les vestiaires, leur statut de jeunes les a obligés à se faire une place... là où il en restait. Et si trois anciens les séparent, ce n'est pas la fin du monde. Au club, on les surnomme « les machines », « les mobylettes » ou... « les jumelles ».
 Ils goûtent aux pitreries de Stéphane « Bande de chacals ! » Ludaescher, observent la préparation minutieuse du gardien Olivier Casanova et ont apprécié l'odeur de harengs qui s'était incrustée dans les locaux du club suite à deux soirées dédiées à ce clupéiforme.
 Après un bac SVT réussi avec mention très bien, Gaël et Julien sont en classe préparatoire BCPST. En clair, nos deux gars se destinent à une école d'ingénieurs et, comme futur métier, l'environnement pour l'un et les biotechnologies pour l'autre.
 Concrètement, ils enchaînent d'énormes semaines de travail au lycée Rostand de Strasbourg et à la maison. « Près de 65h hebdomadaires », estime Julien. Du coup, des entraînements sont ratés et les vacances attendues avec impatience.

Un été 2008 «chaud»

 Au rayon des souvenirs plus personnels, il y a cet été 2002 et la découverte de la mer du côté de Perpignan. Ou le suivi de la construction de la maison à Blaesheim. « J'ai aidé pour le carrelage », affirme Gaël tout en recherchant, sous le tapis du salon, la fissure dont il reconnaît être l'auteur.
 Et, plus que tout, il y a eu l'été dernier, particulièrement infernal : les épreuves du Bac, le passage du permis de conduire, les résultats du Bac, leurs 18 ans, la Fête de la musique, l'arrivée de l'été et les conscrits du village.
 « C'était chaud ! », résume Julien. A ses côtés, Gaël a approuvé. Leur sourire commun en a dit long...

Gardien de ses jeunes

Battu à domicile par la Montagne-Verte (2-3), Hindisheim reste aux avant-postes de son groupe de D1. Le gardien et capitaine Olivier Casanova, l'un des anciens, ne se formalise même pas d'avoir ramassé trois ballons dans ses filets.
 Né le 22 mai 1973 à Strasbourg, Oliver Casanova est du signe des Gémeaux. Ces derniers, selon les spécialistes en ésotérisme, ont comme caractéristique la dualité.
 Adapté au foot, c'est être à la fois capitaine et gardien de but. Exactement les fonctions de « Casa » à l'USH où il en est à sa 3e saison.

«Du purin
dans la rigole»

 C'est à Blaesheim que le petit Olivier tape dans ses premiers ballons « avec les copains, rue du Presbytère, à côté de l'école. Il y avait du purin qui coulait dans la rigole !.. »
 A cette époque, le club local est en sommeil. « C'est le facteur, M. Birlouet, un Cht'i, qui a tout relancé. C'est lui qui m'a mis le pied à l'étrier. »
 Casanova est fidèle à son club jusqu'en junior puis est stoppé par une blessure au genou. Il rebondit à Geispolsheim, bifurque vers Fegersheim, passe quatre ans à l'AS Strasbourg puis rejoint Hindisheim où il réside.
 Avec Gaessler et Griveau, il est l'un des anciens du groupe et a, par conséquent, sa place réservée dans le vestiaire (au fond, à gauche, près du lavabo). « Je prends de la place, j'ai beaucoup d'affaires »

Bonnet rayé

 Son sac de sport est un vrai bazar et ses coéquipiers le savent. Chaussures, pantalons, ciseaux, élasto... sont régulièrement empruntés. Ça ne dérange pas « Casa » qui, quand il ne les asperge pas d'eau froide, pose un regard presque attendri sur ses jeunes voisins.
 « Ludaescher, pour sortir des conneries, il est trop fort ! Et Husser, assis à mes côtés, il a des chaussures si sales que l'herbe y pousse encore... » Les intéressés se vengeront en parlant du short fétiche et du bonnet rayé collector portés par leur gardien.
 «On a une bonne défense, ça fait plaisir, poursuit-il. La confiance est là.» Fort sur sa ligne et en sortie aérienne, Olivier Casanova se souvient du plus bel arrêt de sa carrière: «C'était à Gerstheim. Un coup-franc qui part en pleine lucarne. Les gens criaient déjà ''Buuuuuuuuut!'' mais j'ai enlevé le ballon...»
 Portier, cerbère, dernier rempart, passoire, goal... Olivier Casanova est intarissable sur les différents aspects de son rôle : « J'aime bien la responsabilité liée à ce poste. Plus jeune, j'avais un peu joué comme stoppeur mais gardien, ça me va bien. J'ai toujours été un casse-cou. Un peu moins en vieillissant... »

Modélisme

 Mais alors encaisser trois buts, ça doit être terrible ? « Il y a quelques années, ça m'aurait perturbé. Aujourd'hui, je relativise. Faut faire le dos rond... C'est sûr qu'on retient plus facilement les boulettes des gardiens. Il faut vraiment comprendre les spécificités de ce poste. Chez les jeunes, considérer que avoir un gardien, c'est le mettre au but et le canarder, c'est faux. »
 C'est pourquoi « Casa » s'est investi avec enthousiasme dans l'association « Formation Gardien Entraînement » de Patrick Peter qui propose des séances spéciales aux jeunes à travers le Bas-Rhin.
 Fan de Barthez, de Platini et de Manchester United («époque Cantona»), pêcheur à Blaesheim, papa de Maxence et d'Aymeric, marié à Stéphanie (ex-championne de judo), notre ami reconnaît avoir encore une mission à remplir: «Du modélisme... Une voiture à moteur thermique. Faut que je la finisse!»
 Au travail!

L'Hamm du club

L'US Hindisheim a rapporté un nul (1-1) du FC Kronenbourg après avoir mené pendant 80 minutes. Insuffisant pour rester leader du groupe F mais encourageant pour la suite. Exactement l'analyse faite par Ludovic Hamm, le plus jeune joueur de l'équipe.
 Le lundi 6 juillet prochain, le champagne sera de sortie chez la famille Hamm. Ce jour-là, Ludovic, joueur de l'équipe I de l'USH, fêtera ses 18 ans. Mais sa majorité footballistique, il l'a déjà atteinte.

«Notre assurance
tous risques»

 « Il est notre assurance tous risques, affirme l'entraîneur André Foessel. C'est un joueur polyvalent qui se fait sa place doucement et c'est prometteur ! »
 Né à Obernai, lycéen en terminale ES à Erstein, Ludovic Hamm a commencé le foot dans le jardin familial, entraîné par son père (horticulteur de métier). « Les fleurs ont souffert ! », se souvient la maman, assistante maternelle et membre du comité de l'USH.
 A 5 ans, le p'tit Ludo rejoint le club et gravit tous les échelons sous la houlette de Gérard Schmitt et Pierre-Paul Foessel qui s'occupent des équipes de jeunes.
 « Pendant ces années, on était presque toujours dans les premières places », se souvient notre garçon très vite stabilisé au poste de milieu avec des passages en défense.

Vol de gel-douche

 Sa première apparition avec les seniors, c'était l'été dernier lors d'une rencontre amicale en Allemagne. En match officiel, on le retrouve titularisé le 24 août en Coupe de France contre Niedernai.
 « Il y avait un peu de stress et de crispation, raconte-t-il. J'étais stoppeur. J'ai eu un peu de mal au début. On a eu la totale avec des prolongations et la défaite. J'avais des crampes partout à la fin ! »
 Fan de Fernando Torres et du Real Madrid, Ludovic Hamm fait des allers et retours entre les seniors I et les moins de 18 ans. Depuis la reprise, il a pris ses quartiers chez les aînés. Défenseur dans l'âme, doté d'une belle détente et d'un bon timing, il se réjouit des performances de son équipe à ce niveau.
 « On a la meilleure défense du groupe (8 buts), note-t-il. C'est un bon chiffre ! On en est fier. Ça s'explique par notre grande solidarité. C'est vrai qu'en ce moment, on a le sourire. Mais on essaye de ne pas trop regarder le classement. Il reste encore dix matches... »
 Dans les vestiaires, inutile de chercher « Hammele » parmi les meneurs, les forts en gueule. Il est là, simplement, sans rituel, ni gri-gri particulier.
 Tout juste admet-il que dans son sac, « c'est parfois le fouillis ». Et qu'il se fait régulièrement chiper son gel-douche par le même coéquipier. « Il se reconnaîtra », sourit-il.

Laveur de vaisselle

 Lors des après-matches et entraînements, Ludovic Hamm s'est découvert des talents de joueur de poker. Et quand arrive le moment de jouer aux dés les trois joueurs qui font la vaisselle, « alors là, je perds souvent ! »
 Si le foot est sa passion première (y compris en video avec des duels intenses contre son petit frère Yannick), il avoue un faible... pour tous les sports : Tour de France, Mondial de handball, Jeux olympiques, Roland-Garros.
 Voisin du coach (moins de 30 mètres séparent leurs maisons), Ludovic symbolise la jeunesse montante de l'USH. En attendant d'en être l'âme?

La force tranquille

Après le FC Weitbruch, dernier club visité en date, la chronique se déplace à Hindisheim, village d'un peu moins de 1 400 habitants, dont l'équipe de foot a pris ce dimanche la tête du groupe F de la Division 1 départementale.

 En partant de Strasbourg, il est aisé de rejoindre Hindisheim. Prenez la Nationale 83, direction Sélestat. Les soirs de semaine, c'est à droite après les bouchons, juste avant Erstein.
 En bref, l'USH, ce sont dix équipes, près de 140 licenciés, un comité de dix-huit personnes, « dont six femmes, une de mes fiertés », ponctue Serge Vallée, le président, dix équipes de tous âges engagées en championnat, un club-house chaleureux et deux terrains qui mériteraient un coup de jeune.

Un passé commun

 « On dépense 5 000 € en sable par saison pour les réconforter », sourient le président et André Foessel, l'entraîneur du club.
 Ces deux-là se sont connus (à l'USH bien sûr) quand ils étaient gamins. L'un est né à Limersheim, l'autre à Hindisheim. Ils ont joué ensemble à l'USH, ont participé à la montée historique en Division 1, il y a près de dix ans.
 L'un, Serge Vallée, 40 ans, n'a connu que ce club. Il y a été joueur à partir de 1977, puis entraîneur, dirigeant, membre du comité, assesseur, trésorier, vice-président. Et puis, il a pris la succession d'Elisabeth Freyd il y a un peu plus de trois saisons.
 « Elle est toujours là, comme membre du comité directeur. On lui doit beaucoup, notamment le développement de l'école de foot sur laquelle on s'appuie aujourd'hui », rappelle-t-il.
 L'autre, André Foessel, a un peu plus bougé. Il a débuté à Hindisheim, mais a fait des crochets par Sand, Uttenheim ou Hipsheim. « A chaque fois, je suis revenu à la maison », sourit ce commercial qui a la passion d'entraîner. « Je le fais depuis près de 20 ans. »
 Les deux hommes se sont retrouvés à l'automne 2007. L'entraîneur au parloir. « J'avais pris un peu de recul avec le foot. Je suis allé voir un match au village. A la pause, l'USH était menée 0-3. Serge m'a dit : "C'est le moment". Je lui ai vite répondu : "Passe à la maison après le match". En fait, j'avais déjà pris ma décision. Le regard de mon copain m'avait suffi, dit-il avant de rigoler. Je lui ai évité un détour par la maison. »
 Depuis, tout baigne. Composée d'un ou deux "vieux" briscards, l'équipe tient son rang dans le groupe F de Division 1. « Ce ne sont que des gamins du village, formés et façonnés par Gérard Schmitt, le coach des 18 ans, et d'autres », souligne Serge Vallée.
 « Nous sommes attentifs à certaines valeurs : le respect, la convivialité, mais aussi le goût de la compétition », ajoute André Foessel. « On a des joueurs intelligents, gentils, trop parfois même. Mais je préfère ça. »
 Les deux partagent les mêmes valeurs, caressent le même rêve. « Faire monter pour la première fois de son histoire le club (né en 1927) en Promotion. »
 Mais, pour cela, pas question de tomber dans le piège de l'argent. « Je veux un club familial, convivial, pas un endroit où on ne fait que passer. J'ai la chance d'avoir un comité efficace. J'aime déléguer et faire confiance aux gens qui m'entourent, explique Serge Vallée. Je ne suis pas président pour être mis en lumière, mais pour faire vivre le village. Et si je devais être utile quelque part, c'était là. »

Des harengs pour faire
vivre le club

 Et, pour réunir les quelque 70 000 € pour boucler une saison, on ne manque pas d'idées. Bientôt, deux soirées harengs - « on a été obligé de faire deux sessions vu le succès », sourit Serge Vallée - seront organisées. « On est présent au Marché aux puces puis à la fête de la Saint-Jean. Et on organise un Loto. »
 Le jeudi soir, joueurs et dirigeants se retrouvent à la même table après l'entraînement. Là, Éliane entre en scène. « Elle était seule à cuisiner pendant dix ans. Désormais, une dizaine de personnes l'épaulent à tour de rôle », rapporte André Foessel. « Et ma femme s'y est mise. »
 Il essaye d'imposer les mêmes repas au club-house après les matches. « C'est purement économique. Certains de mes joueurs, qui sont étudiants, n'ont pas les moyens d'aller au restaurant. Manger au club est moins cher et ça renforce un peu plus la cohésion. »
 En fait, pour tout vous dire, les deux hommes ne voient qu'un défaut à leurs joueurs. « Ce ne sont pas des anges mais presque. On est d'ailleurs très bien classé au fair-play par la Ligue. Mais beaucoup n'apprécient pas la bière. Ça... »
 Mais si, d'aventure, les gamins du club réalisaient le rêve de promotion de leurs dirigeants, les bouchons sauteraient au club-house. Et on ne vous parle pas voitures...

Date de dernière mise à jour : 26/08/2014